• 17 janvier : Je ne tolère plus qu’un seul pantalon. Et quand je dis pantalon, je parle en fait d’un jogging qui me sert de pyjama. Le reste de cette grossesse sera sous le signe de la classe donc.
  • 18 janvier : La dame de Le Bon Coin me demande en regardant mon ventre, si j’attends “mon aîné”. WOW WOW WOW Calm down. C’est mon premier oui, mais il n’est pas encore question d’un deuxième et encore moins d’un troisième !
  • 21 janvier : Dans la vie, je suis assez vulgaire. Mon exclamation fétiche est le très élégant « Sa mère !  ». Ainsi, quand je reçois un coup particulièrement violent de Pamplemousse, je ne peux m’empêcher de lâcher un « Sa mère !  » bien senti. Je suis sûre que ça fera très classe en salle d’accouchement « Putain de sa mère, ça douille ! » mais comme en l’occurrence, c’est bien moi la mère, ça passe non ?
  • 26 janvier : L’échographe nous apprend que notre bébé est moyen. Moyen. Qui est-elle pour juger hein, qui ?! Pamplemousse sera fantastique, rien de moins[1] !
  • 28 janvier : Mes proches s’inquiètent de ma mobilité. Il faut admettre que oui, parfois, je me meus avec difficulté. Mais c’est pas tous les jours qu’on a l’occasion de dire une phrase pareille, donc je le vis bien.
  • 30 janvier : Je n’ai pas encore passé la barre des +10kg mais j’ai en revanche dépassé avec grand succès le mètre de circonférence !
  • 1er février : Si on m’avait dit un jour, à moi qui déteste avoir une journée où une soirée sans rien de prévu, que je serais ravie de passer les 2 prochains mois en survêtement à ne rien faire, je ne l’aurais jamais cru !
  • 3 février : Depuis le collège, je fais partie de cette rare race de personnes qui prend plaisir à rédiger des fiches résumées de ses cours pour mieux préparer ses examens. Je n’avais pas remis ça depuis la fac (et ses fiches sur la diagonalisation d’une matrice ou sur les différentes couches réseau OSI) mais cela n’étonnera donc personne de savoir qu’aujourd’hui je possède de magnifiques résumés des différentes positions (et leurs avantages) possible pour l’accouchement !
  • 8 février : J’ai bravé 3 métros différents aux heures de pointes pour arriver à mon RDV médical… le mauvais jour. Quand à ma voisine (qui a réussi à venir le bon jour), elle a oublié son dossier. Hahaha qu’est ce qu’elle est mauvaise ! Blague à part, ça ne doit pas être facile de bosser avec des femmes enceintes… (Et je ne dis pas ça parce que j’ai oublié mon dossier dans la salle d’attente en repartant)
  • 10 février : Pamplemousse n’est pas encore né, qu’il a déjà sa première chaussette orpheline. Pas de doute, c’est bien l’enfant de sa mère !

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  • 12 février : Le saviez-vous ? Dans la liste des choses à apporter à la maternité, l’hôpital mentionne un sèche-cheveux.
    • Ma première réaction, en tant que bonne féministe qui se respecte, a été de hurler « QUOI ?! Ils pensent que je ne peux pas vivre pendant 3 jours sans brushing ? Sexisme ! ».
    • Ma deuxième réaction a été de faire une recherche sur le sujet, et de hurler à nouveau. De douleur cette fois : le sèche-cheveux servirait en fait à sécher les sutures en cas d’épisiotomie.
    • Ma troisième réaction a été de demander son avis à ma copine sage-femme. Cette fois, c’est elle qui a hurlé. Le chaud favorise les bactéries, le sèche cheveux serait une très mauvaise idée !
  • 15 février : Message de ma sœur : « jai révé que ca y est tu avais accouché lol. C’est une petite fille et vous l’avez appelée Jennifer (désolée !) »
  • 18 février : Situation de crise numéro 162. C’est toujours le même schéma : d’un coup, je réalise que les jeunes parents du monde entier sont équipés d’un accessoire que nous ne possédons pas (généralement, l’illumination a lieu en pleine nuit). Heureusement, je ne cède pas à la panique, et je déroule mon plan imparable. Cette nuit là, je me pose la question du couffin :
    • D’abord, une recherche Google pour savoir si c’est *vraiment* indispensable. Comme pour quasiment tout ce qui concerne les bébés, la réponse est non. Sur les forums spécialisés, Zoubyl nous apprend que ce n’est pas indispensable mais elle avoue en avoir acheté un parce que c’était joli. Isafleurbleue n’en avait pas et ça n’a pas manqué à sa fille. Janege elle, doit être normande, elle répond “oui et non”. Beeside avoue que ce n’est pas indispensable, mais elle adore le sien. Elle conclut par une phrase de grande sagesse : « en fait personne d’autre que toi ne peut décider… ».
    • Puisque ce n’est pas indispensable, c’est tout naturellement que je lance une recherche sur Le Bon Coin. 10 onglets plus tard, je sais maintenant que l’objet de ma recherche se trouve d’occasion, pour un prix qui varie entre 15 et 150€.
    • Je regarde du côté du neuf, pour information. Je regrette d’avoir mon information[2].
    • J’hésite à réveiller l’amoureux pour savoir ce qu’il en pense, mais quelque chose me dit que là, présentement, à 5h du matin, il n’aura pas un avis super utile. On verra plus tard donc, je peux me rendormir.
  • 20 février : J’ai craqué : à 1 mois du terme, j’ai racheté des habits de grossesses et AAAAAAH quel soulagement. Adieu jogging, Je me sens à nouveau belle et désirable en robe et leggings !
  • 22 février : Chaque soir, avant de me coucher, je vérifie que j’ai tout pour une bonne nuit :
    • de quoi lire pour occuper les heures entre 3 et 6h où je ne dormirais pas,
    • 3 crèmes différentes pour essayer de parer aux démangeaisons qui me réveilleront,
    • à manger et à boire parce que maintenant que je suis réveillée…
  • 26 février : Mon amoureux nous a acheté un couffin sur Le Bon Coin \o/ Il est complètement trop mignon et magnifique, mais surtout, il est à bascule ! On passe nos soirées à le pousser du doigt en demandant à son occupant invisble « Hey ! Hey ! Tu dors ? »
  • 26 février : Jusque là, j’avais toujours associé le mot massage à un moment agréable. Mais ça c’était avant de découvrir le massage du périnée.
  • 27 février : Liste des choses pour lesquelles j’ai pleuré récemment :
    • les démangeaisons sur mon ventre à 4h du mat,
    • quand à la fin de Rasta Rocket, ils tombent, mais ils se relèvent et portent le bobsleigh jusqu’à la ligne d’arrivée et que tout le monde se met à applaudir,
    • la vidéo rigolote du bébé de nos amis qui fait son premier voyage en train.
  • 28 février : Je ponctue toute les phrases relatives à l’organisation de ma vie sociale par des « Haha, enfin si j’ai pas accouché d’ici là ! » où espoir et peur se mélangent.
  • 29 février : J’ai les mains et le périnée propre, choisi une musique douce avec soin, installé comme il faut serviette et coussin. J’enlève ma culotte. Je suis prête à commencer mon massage. Quand soudain, ÇA SONNE.

8 mois

  • 1er mars : Pendant qu’à l’extérieur, le monde semble suivre son cours, je sombre totalement dans l’obsession. Ma journée aura consisté en deux rendez-vous sage-femme, entremêlés d’un épisode de Call The Midwife, un documentaire Maternité : Dans le secret de la vie et 4 reportages En immersion dans une maternité.
  • 2 mars : Finalement, ce n’est pas moi la plus obsédée. Nouveau message de ma sœur : « J’ai rêvé que t’as accouché le 31 mars, un garçon qui sapelle Joje. Après je me demandais si j’avais pas rêvé donc je regardais plusieurs fois mes mails et c’était bien là ».
  • 4 mars : Ça y est, j’ai enfin eu mon dernier cours de préparation à la naissance ! Plus de rendez-vous de suivi médical, plus de cours de préparation, ça a un parfum de vacances. Je prépare mon programme du dernier mois : séries, films, bouquins, ça va être bien !
  • 5 mars : Changement de programme, on file à la maternité. 4 heures plus tard, un truc me sort d’entre les jambes. Les premiers mots qu’entendra mon fils de ma bouche sont Oh putain !. Son père, plus sobrement, a fondu en larme.

Il est l’heure d’ouvrir une catégorie vie à 3.

Notes

[1] Mais no pressure hein, kiddo !

[2] Un couffin, utilisable 2 ou 3 mois, vaut donc 200€ neuf.