Revenons à mes vacances donc. Si je n’ai (pas trop) spammé ma timeline twitter avec mes récits de vacances, je ne peux en revanche pas en dire autant pour Instagram !

(At least) One picture a day keeps the doctor away

Il faut dire que si j’avais attendu d’être rentrée, d’avoir vidé mes cartes mémoires de leurs 1500 photos, de les trier (pour ne probablement en garder “que” 500), de les éditer dans Lightroom, puis de les poster, mes proches auraient du attendre facile un ou deux ans avant de voir des images (un peu comme pour notre roadtrip aux US en fait…) ; ça perdrait un peu du côté instantané !

Et je n’avais de toute façon pas de quoi vider mes cartes mémoires pendant le voyage (ni de quoi éditer mes fichiers RAW), la solution est donc devenue évidente : je ne pourrais partager que des photos prises au téléphone. Et puis, au bout de quelques jours, je me suis rendue compte qu’en fait, éditer mes photos avec Instagram m’amusait beaucoup et compensait totalement la douleur de devoir shooter avec un téléphone !

Les avantages d’Instagram

Le format carré

La première partie de mon petit plaisir, c’était de choisir le cadrage. Je ne shoote pas directement avec Instagram : je dois donc à chaque fois recadrer une photo prise en mode portrait ou paysage. Et là, c’est le bal des questions : dois-je centrer parfaitement mon sujet ou pas ? Utiliser la règle des 3 tiers ? Aaah, que de questions passionnantes qui permettent pleins de réflexions intéressantes : qu’est-ce que le point fort de ma photo ? mon sujet peut-il être coupé ? est-il toujours reconnaissable ?

Ce vélo, pris à Metelkova, le quartier de culture alternative de Ljubjana (capitale slovène), je l’imaginais bien coupé par exemple :

Metelkova, Slovenia

En revanche, cet hôtel perdu devant le lac de Misurina, dans les Alpes italiennes, je ne l’imaginais pas autrement que bien centré, pour accentuer le côté perdu au milieu de rien :

Misurina, Italie

Mais souvent, je dois l’admettre, c’est la bonne vieille règle des trois tiers qui l’emporte, comme sur cette photo de Manarola, au Cinque Terre :

Manarola, Italie

Les filtres

Un autre point fort d’Instagram, ce sont ses filtres, bien évidemment.

Parfois, un instant de grâce touche le paysage se déroulant sous mes yeux, et ma photo n’a besoin de rien. Contrastes, luminosité, balance des blancs, tout est parfait ! Phénomène plutôt rare, surtout avec des prises de vues faites avec un téléphone, j’ai cependant pu l’expérimenter un ou deux fois.

Cette vue du lac de Garde prise depuis un poste de garde abandonné en est la preuve :

Lac de Garde, Italie

Ou alors, ce coucher de soleil – que j’aurais pu accentuer pour le rendre plus flamboyant, mais j’aurais perdu alors la douceur de l’air, celle qui paraissait si belle au moment présent.

Lac de Garde, Italie

Du coup, je me suis demandée : le hashtag #nofilter, il est pour les photos sans filtres, ou les photos sans aucun réglage ? Là par exemple, j’ai seulement donné un petit coup de peps à cette photo de maisons vénitiennes, le capteur de mon téléphone rendant les photos un peu plates

Venise, Italie

Mais j’avoue tout : parfois, la folie des filtres a eu raison de moi. Devant la beauté de cette cascade, l’arc-en-ciel, et le petit pont qui m’évoquait tant d’aventures (en vérité, il mène aux toilettes), j’étais obligée d’appliquer un filtre, un vrai : un qui rend la photo totalement irréelle. Pardon.

Vintgar Gorge, Slovénie

La retouche

Là où Instagram m’a épaté, c’est sur ses fonctions de redressage/distortion. Je sais qu’elles existent dans Lightroom, mais au delà du redressage de l’horizon, je ne les utilise pas : trop complexe. En revanche, sur Instagram, c’est un jeu d’enfant : j’ai pu remettre droit ces belles lignes graphiques sur le quai de la gare de Manarola par exemple :

Manarola, Italie

Les problèmes

Bon, mais soyons honnête, le combo Instagram+téléphone est encore bieeeeen loin de valoir un réflex et une bonne vieille retouche Lightroom.

Les possibilités

D’abord, et c’est inhérent au téléphone, on ne peut pas faire n’importe quel type de photos. Adieu les photos de nuit et les pauses longues. Adieu profondeur de champ. Adieu bokeh. Adieu grand angle. Adieu macro. Adieu portrait.

En parlant de portrait, le seul que j’ai réussi à faire, c’est celui de cette marmotte (bon, en vérité, au réflex ça n’aurait pas été mieux : puisque quand je l’ai croisée, j’étais au grand angle…)

Marmotte italienne

La qualité

Sur téléphone, les photos rendent toujours bien, mais sur grand écran, ça ne pardonne pas. Pour exemple, la première photo de l’article, une vue de Manarola, est celle qui a récolté le plus de like. Et pourtant, elle est vraiment de qualité dégueulasse (cliquez dessus pour vous en rendre compte, j’avais trop honte pour l’afficher en grand dans mon article)

La balance des blancs

Pour la bouffe non plus, ça n’est donc pas l’idéal (j’ai toujours préféré le reflex pour ça, il suffit de voir mes précédents Food porn). Le pire, c’est surtout la balance des blancs en intérieur, sur des aliments déjà un peu jaune à la base. Mais ceci dit, cette pizza a quand même l’air bonne (elle peut, c’était la meilleure que j’ai jamais mangé !)

Pizza @Sud, Riva del Garda

La retouche

Côté édition de l’image, les possibilités aussi sont limités. Par exemple, sur cette photo des Dolomites, j’aurais utilisé un filtre graduel sur Lightroom pour ajouter un peu de peps à la prairie sans perdre de détail au niveau des montagnes :

Cortina d'Ampezzo, Italie

Et puis bon, éditer ses photos sur la terrasse d’un café en attendant un spritz ou dans la voiture avec une faible luminosité pour économiser la batterie ne garantit pas vraiment les meilleures conditions de retouche…

Le workflow

Je regrette de ne pas pouvoir enregistrer mes réglages pour les copier d’une photo à l’autre, comme on peut le faire dans Lightroom. J’aime bien faire des séries cohérentes, comme ici à Florence, mais j’ai une très mauvaise mémoire court terme : j’oublie les réglages que je viens d’appliquer à l’instant même ou je m’apprête à traiter la photo suivante !

Florence, Italie

Florence, Italie

Conclusion

Voilà donc, comment après des années de snobisme, j’ai kiffé ma race de pouvoir poster des photos au jour le jour. Vu aujourd’hui sur PC, la qualité est souvent dégueulasse mais sur le moment, j’étais contente de pouvoir partager notre voyage avec nos proches sur un site privé (et accessoirement, rendre jaloux des inconnus sur Instagram) !