Comme d’habitude François nous accueille avec pleins de promesses toutes plus belles les unes que les autres : « Alors, vous voulez faire quoi demain ? Du ski de rando, des raquettes, ou de la luge ? »[1].

Inutile de développer pourquoi on choisit la luge : le rapport qualité/marrade nous parait assez exceptionnel. Ce n’est pas flagrant dès le départ – il faut dire qu’inévitablement, ça commence par une montée – mais croyez moi sur parole : j’ai déjà descendu cette piste plusieurs fois dans mon enfance avec mes cousins.

La montée, disais-je. Dans le brouillard, notre marche est rythmée par le son de nos bottes qui écrase la poudreuse (aaah, doux bruit) et le frottement des luges sur le sol.

Ma luge est violette, elle ira plus vite, c'est sûr !

La brume, c'est joli

Après plusieurs dizaines de minutes de marche (3, 4, 5 ?), on arrive au dessus des nuages. C’est là qu’est notre première récompense : le silence.

Au dessus des nuages

La neige sur ces sapins est trop parfaitement disposée pour être vraie.

Oui, bon, c’est joli, mais bien vite, je rappelle mes compagnons de marche à l’ordre : n’oublions pas qu’on est monté là-haut avant tout pour redescendre !



Les fesses calées au fond de la luge, on se pousse une fois avec les bras et c’est parti !

Pas très loin… On se retrouve tous les trois dans le décor au premier virage : il faut apprendre à manier les freins. Mais très vite, on repart et cette fois ci, j’ai compris le truc : pour bien se diriger, il suffit d’aller vite !

J’enchaîne virage après virage, je n’arrive pas à décrocher le sourire qui barre mon visage. Je loupe un virage en épingle, ils me rattrapent. Mon oncle arrivera le premier en bas pendant que l’amoureux et moi nous battons dans le dernier virage.

L'amoureux 0 - le virage 1

Dérapage contrôlé

J’avance rapide sur le reste de la journée (croziflette bien méritée, et balade au bord du lac) pour vous parler directement du lendemain.

Juste le lac quand même, parce qu'il est joli

Le lendemain, on a fait une randonnée dans un canyon enneigé. UN CANYON. PLEIN DE NEIGE. La balade a commencé au pied du chalet, en direction de la forêt qui le surplombe.

Cette légende raconte comme le rayon de lumière qui traversait la forêt était beau.

Après peut-être une heure de marche à l’ombre des arbres, François nous a arrêté. « C’est là qu’on descend.»

Pardon ? Face à nous, il n’y a que du vide. Et le vide, il est un peu raide là !

Devant, c'est le vide.

« Non mais en été, il y a une rivière, c’est impraticable mais avec la poudreuse là, c’est parfait ! »

Et sans plus attendre, François se jette !

François se jette !

Et comme ça, le rythme est donné : on marche (ou plutôt, on essaye : je m’enfonce régulièrement jusqu’aux hanches), en se tractant aux sapins s’il le faut, on essaye de monter le plus haut possible sur les côtés du lit de la rivière et une fois qu’on est bien haut, on glisse. Repeat again. And again. And again. Jusqu’à arriver au village et rentrer à la maison..

Zou !

Neige. Partout.

Pof !

C’était trop bien.

Note

[1] Variante estivale : « On commence par quoi : kayak sur le lac, vélo, randonnée, ou via ferrata ? »