Jour 8 : Comme je n’ai pas du tout de recherche avant, j’en fais sur le tas. J’envoie des mails, je téléphone, je fais passer des interrogatoires à mes amis, sur des sujets divers et variés :

  • Tu as beaucoup d’objets orange chez toi ?
  • Comment as-tu su que tu étais bisexuelle ?
  • C’est crédible, quelqu’un qui fait un petit footing tous les jours, ou les coureurs font plutôt de longs footings tous les deux jours ?
  • Tu avais passé un entretien, toi, avant de t’installer dans ta coloc ?
  • Dis, tu peux me raconter les clients les plus « étonnants » de ta boulangerie ?
  • Comment les gens réagissent-ils à l’annonce de ton prénom original ?

Jour 9 : Quand je n’écris pas, je lis – sur le fait d’écrire. Je ne lis pas d’une traite, mais je picore par ci par là : The Anatomy of Story de John Truby, Écrire : Mémoires d’un métier de Stephen King, Plot & Structure de James Scott Bell, Characters & Viewpoint de Orson Scott Card… C’est un peu tard pour apprendre à écrire, mais ça me permet parfois de me débloquer.

Jour 10 : Je vois des conseils, des inspirations pour le NaNoWriMo partout ! Par exemple, cette BD de JBA fait écho en moi ! Mais oui ! Dans la vraie vie, on finit toujours par rencontrer des homonymes ! Même quand on a des prénoms “rares” : mon Olivier a réussi à sortir avec deux Anne-Sophie; ma mère a réussi à se retrouver assise entre deux autres Ève-Marie. Alors, c’est décidé, dans mon prochain chapitre, un nouveau personnage fera son apparition, mais il n’aura pas un nouveau nom.

Jour 11 : Ça y est, j’ai le syndrome de l’imposteur. Tout le monde me demande “On pourra lire ce que tu as écrit quand tu auras fini ?”. Non, mais vous ne vous rendez pas compte : écrire des mots à la suite les uns des autres, c’est facile ! Mais leur donner un réel sens, c’est une autre paire de manche, et j’en suis encore loin ! Donc, non, vous ne pourrez pas lire mon “roman” dès le 1er décembre. Peut-être, éventuellement, dans plusieurs mois, après ré-écriture, si j’arrive à ne pas trop en avoir honte.

Jour 12 : Au boulot, je me suis retrouvée sur une page de livres de « Littérature italienne » (je travaille dans le domaine du livre numérique). Et je me suis délectée des titres de ces livres. Tellement que j’ai passé les dix minutes suivantes à parcourir toutes les pages de la catégorie. Pour vous, quelques uns de mes préférés, parce qu’ils sont drôles, poétiques ou inattendus  : La comtesse de Ricotta, Les poissons ne ferment pas les yeux, N’aie pas peur si je t’enlace, Quand le requin dort ou encore Tous les salauds ne sont pas de Vienne.

Jour 13 : Dans le métro, je lis Écriture : Mémoires d’un métier de Stephen King. Une phrase m’interpelle particulièrement : « Écrivez la porte fermée, corrigez la porte ouverte ». Cette idée correspond tout à fait à la philosophie du NaNo : le mois de novembre sert à écrire, juste écrire; les onze autres mois de l’année à relire, corriger et accepter les critiques (qu’elles viennent de personnes externes ou de l‘inner editor qui sommeille en chacun de nous).

Jour 14 : Vendredi. Comme vendredi dernier, je n’ai quasiment pas écrit. Les tentations sont partout ! Le matin, de rester au lit, le midi, de se faire un resto avec les collègues pour fêter le week-end, le soir de sortir avec les copines. Non, décidément, les vendredis ne sont pas fait pour écrire.

Jour 15 : J’ai voulu résumer mon histoire en moins de 140 caractères. La phrase d’introduction était facile à trouver : « C’est l’histoire d’une fille qui lâche sa vie plan-plan pour vivre des aventures. » Mais après, comment expliquer ce qui fait la différence entre mon roman, et celui d’un•e autre ?
Je me suis retrouvée à écrire : « Mais les aventures ne viennent pas à elle, elle est trop cruche… »
Mais oui ! Bien sûr ! C’est ça ! Je ne m’en étais pas encore rendue compte jusque là, mais qu’est-ce qu’elle est cruche mon héroïne ! Et si, au lieu de me maudire parce que je ne sais pas écrire un personnage intelligent et intéressant, je la poussais à être encore plus cruche, à louper encore plus d’occasions ? Et voilà, comment en un tweet mon inspiration a été regonflée à bloc !

Jour 16 : J’ai atteint les 30 000 mots ! Pour fêter ça, mon amoureux m’a offert le popcorn devant Interstellar.
Il faut que je commence dès maintenant à me trouver un beau cadeau pour les 40k puis les 50k !