Voilà un mois que je profite de chaque rencontre avec un miroir pour me mater le dos : je suis tatouée \o/ Comme c’était une folle aventure, je vous raconte !

Au commencement

L’idée du tatouage est arrivée après avoir perdu un piercing (winneuse inside) : un tatouage, ça ne s’en va pas !

Je n’ai trouvé un dessin que 5 ans plus tard, après avoir quitté Nancy où j’ai vécu 15 ans : je voulais un dessin féminin et délicat, dans le style art nouveau, qui rende hommage à la plus belle ville du monde. Je n’ai pas eu besoin de me creuser la tête longtemps pour trouver quelqu’un qui saurait dessiner ce que j’avais en tête : j’ai tout de suite pensé à Nim ! À l’époque, on ne s’était jamais croisé ailleurs que sur le web, alors, prenant mon courage à 2 mains, je lui ai envoyé un petit mail lui expliquant mon projet. Et PAF, à peine 12 mois plus tard, le dessin était là ! (oui, il a bien fallu 1 an pour que ça décante dans ma tête et dans la sienne…) Et, à la vue du dessin, l’emplacement du tatouage m’a paru assez vite évident.

L’idée du passage à l’acte est arrivé encore bien après. Il a d’abord fallu que je m’approprie vraiment du dessin, et surtout que je trouve un tatoueur. C’est environ 6 mois plus tard que je suis tombée par hasard sur le site d’une tatoueuse lyonnaise et j’ai su que c’était ELLE. Le problème, c’est que je ne suis pas la seule à adorer son style. J’ai du m’armer de courage et de patience pour arriver à l’avoir au téléphone (ça m’a pris au moins 3 mois…) et fixer notre RDV à 8 mois plus tard…

Et puis contre toute attente, les semaines ont passées et le jour J a fini par s’approcher franchement ! J’ai essayé de re-contacter ma tatoueuse par mail et téléphone, pour régler les petits détails (du genre l’heure du RDV - j’avais juste noté aprem, le temps que ça prendrait…). Hélas, le jour tant attendu est arrivé sans que je n’ai réussi à la joindre… Pour l’heure, j’avais juste en tête que c’était à 14h mais comme je stressais un peu, j’y suis allée en avance.

Le jour J

Il est donc 13h et je suis dans le vieux Lyon, à l’adresse indiquée. C’est une traboule lyonnaise : un petit passage dans une cour d’immeuble qui permet de se rendre d’une rue à l’autre. À l’entrée, se trouvent les boîtes aux lettres et, sur l’une d’entre elles, le nom du studio de tatouage. C’est bon, je suis au bon endroit !

Je commence par faire le tour des portes du rez-de-chaussée : ça va vite, il n’y en a qu’une mais aucun nom n’est affiché et personne ne répond quand je toque. Je me dirige alors du côté des interphones (il y en a 3 dans la traboule). Assez vite, j’ai visionné tous les noms, mais je ne trouve ni le nom du studio, ni le nom de “scène” de ma tatoueuse, ni même son vrai nom… Entre temps, je croise quelques habitants mais aucun n’a entendu parler d’un salon de tatouage dans la traboule. Alors, forcément, je commence à sonner partout. Souvent ça ne répond pas, parfois ça répond en hurlant, et certains me laissent finalement monter dans les étages pour étudier les noms sur les portes. Après avoir sonné chez une trentaine de personnes, je finis par arriver à vérifier toutes les portes de la traboule. Mais nulle part ma tatoueuse.

Il est maintenant 14h et je dois être la seule fille au monde qui ne se fera pas tatouer car elle ne trouve pas le salon…

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Le niveau de stress monte, je re-re-re-relis le dernier mail de ma tatoueuse : pas de doute, je suis à la bonne adresse. Je lui relaisse 2 messages vocaux et un mail. Et puis, je retourne sur son site et sa page Facebook et je me rends compte qu’il y a 2 problèmes : depuis la prise de RDV, elle a changé de mail ET de numéro de téléphone. Damned…

Bon, du coup, j’appelle le bon (pour changer, ça ne répond pas), je renvoie des mails (“Coucou, je suis dans la traboule, je ne trouve pas le studio, peux-tu m’envoyer du secours, merci ?”) et je bombarde mon amoureux de textos pour passer mes nerfs.

Plus je réfléchis, plus je me dis qu’il y a quand même de fortes chances que le salon que je cherche soit le local au rez-de-chaussée. Je tire cette conclusion du fait que j’ai déjà sonné partout ailleurs et qu’il y a une image un peu gothique collée en haut de la fenêtre (si ça n’est pas un signe, je n’y connais rien en rock ‘n roll et en tatouage…) Je m’installe donc devant pour attendre un peu et me maudir (Pourquoi je n’ai pas vérifié son email et son téléphone avant ? Mais d’abord, comment pouvais-je deviner qu’elle en aurait changé ? On est pas sensé prévenir les gens quand on change ? C’est toujours compliqué comme ça les tatoueurs ?)

14h10, 14h20, 14h30… J’ai vu passer assez de touristes chinois pour remplir 3 cars, quatre fois le même groupe d’adolescents en pleine une course d’orientation, un couple de touriste allemand et deux habitants de la traboule mais personne ne semble savoir qu’il y a un putain de studio de tatouage de merde quelque part dans cette putain de traboule. J’ai envie de rentrer mais si je fais ça, je peux dire adieu à mon tatouage pour longtemps : ça va encore être la misère pour avoir un autre rendez-vous, ça va le repousser à dans des plombes, je vais devoir poser un autre jour de congé… Et puis merde quoi, on avait RDV !

14h40, 14h50, 15h… Il commence à faire froid, je n’arrive toujours pas à la joindre, j’ai envie de pisser, et ma bonne humeur légendaire est presque épuisée. Je me dis que je vais rentrer mais pas avant d’écrire un mot pour mettre dans sa boîte aux lettres (vu que les mails et le téléphone, visiblement, elle ne connait pas !). Je rédige un message moitié “je suis vraiment trop dégoûtée, c’est carrément pas pro de laisser les gens en plan, bordel de merde”, moitié “par contre, j’adore ton travail d’amour et je veux quand même mon RDV (et puis si possible pas dans 1 an)”.

Je me lève pour aller le déposer dans sa boîte aux lettres

QUAND SOUDAIN

une fille arrive, tatouée de partout. C’est elle ! C’est Dodie ! C’est ma tatouuueueeeeeeuse !



Du coup, j’ai remballé mon mot bien discrètement dans ma poche et je me suis fait tatouer à la place !



Et donc en fait, pour l’histoire : à l’époque, c’était quelqu’un d’autre qui avait prit le RDV pour Dodie et qui avait

  • fait une faute dans mon nom de famille,
  • oublié de renseigner mon numéro ET mon mail,
  • marqué mon RDV comme “non confirmé” mais l’avait mis en couleur “confirmé”.

Dans le doute donc, Dodie s’est dit qu’elle allait passer vite fait au studio, et c’est là qu’elle a trouvé une ahurie transite de froid, un peu vénère mais bizarrement heureuse de la voir arriver.

Voilà voilà. Le bon côté de cette histoire, c’est que ça a totalement fait retomber mon stress de la douleur. Ça et le fait que le studio soit trop joli et les murs violet.

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Deux heures trente de plus tard, c’était fini ! Pour répondre à la question la plus souvent posée depuis : oui ça fait mal, mais nettement moins que ce que je m’étais imaginé. J’étais d’ailleurs super fière de moi d’avoir tenu bon. Un peu moins quand, le lendemain matin, tetard a enlevé mon pansement : j’ai voulu dire “Attends, j’ai la tête qui tourne” mais j’ai dit “Attends” et je me suis évanouie en m’éclatant la tête contre la baignoire. J’ai ensuite failli tomber dans les pommes une deuxième fois quand j’ai vu qu’il était recouvert d’encre après avoir essayé de me rattraper (personne ne m’avait prévenu qu’un tatouage, ça dégorge beaucoup au début).

Voilà voilà bis.

Mais sinon, voici le tatouage qui méritait carrément tous ces plans loose :

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Merci Nim pour le dessin <3, merci Dodie pour le tatouage (et les ombrages, vous avez vu les ombrages ? <3), merci chéri pour la photo <3