En tant que blogueuse mode, je ne pouvais pas décemment continuer sur cette voix. Mon challenge numéro 2 était donc tout trouvé : assumer un petit peu la féminité qui doit être quelque part en moi et ME MAQUILLER.

Il faut savoir (ou pas – on a déjà vu des infos plus intéressantes) que j'ai loupé la case se maquiller avec les copines au collège/lycée. Jusqu'à très récemment donc, ma trousse à maquillage (que je sortais tous les jours de pleine lune des mois pairs des années bissextile) contenait :

  • une palette de maquillage (pour petites filles je crois) et du fard à paupière à 2€ achetés tous les 2 en 2004
  • du rouge à lèvres orange Yves Rocher
  • un crayon argenté pour les yeux trouvé dans le jardin d'une amie
  • un tube de fond de teint acheté en 2008

Et puis l'autre jour, j'ai décidé d'agir.

J'ai pris mon courage à 2 mains, et je suis allée voir une vendeuse du Monoprix. Celle qu'on a tous regardé avec un peu de dégoût en apercevant son visage plâtré orange. Mais donc, disais-je, j'ai pris mon courage à 2 mains, fait abstraction de la couleur de peau de la vendeuse et lui ai avouée la cruelle vérité : Bonjour, je ne me suis jamais vraiment maquillée, je dois commencer par quoi ? J'avais déjà pioché quelques trucs dans les rayons (crayon, fard à paupière, fond de teint). Elle m'a gentiment tout fait reposer en me montrant les alternatives qui m'iraient mieux (couleurs moins appuyées, textures plus faciles à appliquer...). J'ai écouté sagement ses conseils et faisant des maths dans ma tête et quand la somme a commencé à atteindre les 3 chiffres, je me suis dirigée vers la caisse puis suis rentrée chez moi avec mon butin.

Sauf que malgré tout, là, je me suis sentie un peu désemparée... Alors comme toute bonne geekette que je suis, j'ai dégainé mon arme la plus précieuse : Duckduckgo [1] dans le but évident de lire the fucking documentation. Sauf que – et ça vous étonnera peut-être comme moi – en matière de maquillage, il n'y a pas de RFC ou d'API. C'est la jungle. Le monde du maquillage est un monde à lui tout seul. Avec ses reines (et peut-être ses rois ?), ses codes, ses trolls, ses termes techniques... 

Très vite donc, j'ai commencé à me remettre en question. Faut-il que je m'achète un recourbe-cil ? Serais-je plus heureuse si je mettais du blush sur mes paumettes ? Devrais-je m'acheter des pinceaux ? En vrai poil de caribous ? Est-ce que ça se voit que je n'ai jamais touché à un poil de mes sourcils ? Dois-je les inclure dans ma routine make-up ? Devrais-je m'acheter de l'illuminateur ? Vais-je survivre sans hydrater ma peau tous les jours ?

Finalement, j'ai continué de me maquiller comme je l'ai toujours fait – sauf que tous les jours au lieu de tous les 3 mois. Et j'ai fait une découverte plutôt folle : si le maquillage que je mettais jusque là ne tenait pas, ce n'est pas parce que je ne savais pas y faire, mais tout simplement parce qu'il datait de 2004.

Depuis 2 semaines donc, je ne sors pas sans une petite touche de maquillage (teint vaguement unifié, fard à paupière, crayon, mascara...).[2] Jusque là, personne ne m'a fait de remarque. J'estime donc que c'est réussi : suffisamment naturel pour ne pas trop choquer après des décénnies de peau nue, suffisament bien mis pour ne pas déclencher des cris d'horreurs (mais d'un autre côté, mon entourage n'avait pas moufté après un tragique coup de ciseau, alors comment lui faire confiance...).

Notes

[1] Une alternative à la recherche Google que je vous recommande d'essayer si vous souhaitez vous émanciper des services Google. Mais revenons en plutôt au sujet intéressant !

[2] Après ces superbes efforts, la raison voudrait que j'apprenne maintenant à me coiffer, mais ça, c'est un autre sujet ! Mes cheveux et moi, on se connait depuis même pas 25 ans. Ce n'est clairement pas assez pour arriver à un terrain d'entente... Pour l'instant je les laisse gagner 2 jours sur 3. C'est trop mais j'ai encore beaucoup d'autres challenges sur ma backlog avant d'arriver à celui du domptage de crinière.