Le récit qui va suivre a maintenant plusieurs semaines. Je crois que j’avais besoin de prendre du recul et d’accepter les faits avant de pouvoir en parler, mais maintenant que le temps a passé, et que la douleur commence à se faire moins vive, il est temps de partager.

Tout le monde a connu dans sa vie, ce moment où l’on a terriblement envie de faire quelque chose, même si on SAIT que c’est une très mauvaise idée. Il n’est pas toujours facile de résister - surtout quand on a entre 6 et 14 ans. Heureusement, en grandissant, la petite voix qui SAIT se fait de plus en plus forte et on apprend à l’écouter. Mais hélas, et ça peut arriver à tout le monde, des années de sagesses ne protègent pas d’un moment de faiblesse…

Toujours est-il que, l’autre matin, j’ai soudainement eu envie de couper ma frange moi-même. Allez, juste un petit coup de ciseau ! Ah tiens, j’imaginais pas vraiment ça comme ça… Ça rend pas du tout comme chez le coiffeur ! C’est pas très beau en fait. C’est même plutôt franchement raté. À moins qu’horrible soit un meilleur choix de mot ? Je peux pas aller au boulot comme ça ! Bon, au moins, sur le trajet, j’ai ma casquette; et puis au boulot, je me planquerais derrière mon écran. Allez, ça ira. Juste quelques heures à affronter le regard des autres et je pourrais ensuite me cloîtrer chez moi tout le week-end et envisager un plan B.

Pleine de bravoure, j’ai donc mis ma casquette et affronté le monde extérieur. Dans le bus/métro, tout s’est bien passé. Je suis arrivée au bureau la première, ce qui m’a permis d’éviter les regards en restant bien cachée derrière mon écran, puis j’ai noyé ma honte dans le travail. Tout se passait donc plutôt bien.

Ce que je n’avais pas prévu, c’était ce coup de téléphone à ma chef, qui annonçait que suite à une annonce qu’on avait fait la veille, la télé allait débarquer dans les bureaux deux heures plus tard pour faire un petit sujet sur nous pour le journal de 20h. Voilà voilà. Donc, c’est LE jour où j’ai choisit de prendre une paire de ciseau pour me faire une frange digne de Jeanne d’Arc que je suis passée à la télé.